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L'inflation au Canada recule à 2,8 % avec la baisse des prix de l'essence et l'atténuation des pressions sous-jacentes

Les mesures d'inflation préférées de la Banque du Canada chutent en dessous de 2 %, tandis que les prix des produits d'épicerie et des voyages restent élevés en raison des risques persistants

L'inflation au Canada recule à 2,8 % avec la baisse des prix de l'essence et l'atténuation des pressions sous-jacentes

Publié: juillet 20, 2026

Le taux d'inflation annuel au Canada a ralenti à 2,8 % en juin, en baisse par rapport à 3,2 % en mai, dans une lecture légèrement meilleure que les prévisions du marché, renforçant les indications que la hausse des coûts de l'énergie ne s'est pas encore transformée en une vague généralisée d'augmentations des prix des biens et services.

Les économistes prévoyaient un indice des prix à la consommation de 2,9 %, mais la forte baisse des prix de l'essence au cours du mois a poussé le taux global à diminuer davantage que prévu.

Sur une base mensuelle, l'indice des prix à la consommation a diminué de 0,4 %, enregistrant la plus forte baisse depuis décembre 2024. Après ajustement saisonnier, l'indice a baissé de 0,1 %, la première baisse de ce type depuis avril 2025.

Le taux de juin ramène l'inflation dans la fourchette de contrôle visée par la Banque du Canada, fixée entre 1 % et 3 %, après avoir légèrement dépassé la limite supérieure en mai et atteint son plus haut niveau en plus de deux ans.

L'essence mène la baisse

La baisse des prix du carburant a été le principal facteur du ralentissement de l'inflation, le prix de l'essence ayant chuté de 10,2 % par rapport à mai, soit la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2025.

Cette baisse est intervenue après que les efforts diplomatiques et l'apaisement temporaire du conflit entre les États-Unis et l'Iran ont contribué à réduire les prix mondiaux du pétrole pendant une partie de juin.

Cependant, les prix de l'essence sont restés supérieurs de 20,5 % par rapport au même mois de l'année précédente, bien qu'ils aient marqué un net ralentissement par rapport à la hausse annuelle de 33,2 % en mai.

À l'exception de l'essence, le taux d'inflation est resté stable à 2,2 % pour le deuxième mois consécutif, ce qui indique que la baisse de l'indice global n'était pas due à une baisse généralisée des prix, mais était largement liée aux mouvements dans le secteur de l'énergie.

Les prix du pétrole et du carburant restent une source majeure d'incertitude, après l'effondrement de l'apaisement et la reprise des tensions au Moyen-Orient, ce qui pourrait entraîner une nouvelle hausse des coûts de l'essence, du fret et du transport dans les mois à venir.

L'inflation de base recule sous les 2 %

Les mesures de l'inflation de base ont donné un signal plus rassurant à la Banque du Canada, l'indice d'inflation sous-jacent ayant reculé à 1,9 % contre 2,1 %, tandis que l'indice d'inflation épuré a diminué à 1,8 % contre 2 %.

La moyenne des deux indices a atteint 1,85 %, enregistrant son plus bas niveau depuis septembre 2020 et la première lecture en dessous de 2 % depuis près de six ans.

Ces mesures cherchent à exclure les variations de prix les plus volatiles, c'est pourquoi la Banque du Canada les utilise pour évaluer la propagation des pressions inflationnistes dans l'économie, en dehors de l'essence et de certains biens volatils.

La baisse de ces indices indique que la faiblesse de la demande et la capacité de production inutilisée dans l'économie limitent la capacité des entreprises à répercuter la hausse des coûts de l'énergie et du transport sur les consommateurs.

Cependant, les économistes ont mis en garde contre l'idée que le risque soit écarté, car la persistance des prix élevés du pétrole pourrait progressivement entraîner une augmentation des coûts de transport, de production, des engrais et des matières premières, puis leur transfert aux prix des aliments et autres biens.

Les prix des produits d'épicerie ralentissent mais restent élevés

Les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 3,9 % sur un an, en baisse par rapport à 4,3 % en mai, mais ils sont restés supérieurs au taux d'inflation global pour le dix-septième mois consécutif.

Le ralentissement de la hausse des prix des fruits frais, notamment la baisse des prix du raisin, a contribué à freiner l'inflation des produits d'épicerie.

En revanche, les pressions sur plusieurs produits de base ont persisté, avec une hausse des prix du poulet frais ou congelé de 5,7 %, du pain et des petits pains de 6 %, et des plats préparés surgelés de 2,7 %.

Ces chiffres signifient que la baisse du taux d'inflation global ne se traduit pas nécessairement par une baisse des prix des aliments, mais indique souvent que les prix augmentent à un rythme plus lent qu'auparavant.

L'inflation du logement continue de reculer

L'inflation des coûts du logement a ralenti à 1,5 % en juin, restant en dessous de 2 % depuis février.

Ce recul est lié à la faiblesse du marché immobilier, au ralentissement de la croissance des loyers et à la diminution des pressions liées aux intérêts hypothécaires par rapport aux niveaux élevés observés les années précédentes.

La stabilité des coûts du logement est un facteur important dans la trajectoire de l'inflation, compte tenu du poids important des loyers, des intérêts hypothécaires et des services publics dans les budgets des ménages et dans le panier de l'indice des prix à la consommation.

La hausse annuelle des prix d'achat des véhicules a également ralenti à 1,9 %, contre 2,5 % en mai, soit le rythme le plus lent depuis mars 2025.

La Coupe du Monde augmente les coûts de voyage

Dans le sens inverse, les services de voyage et de tourisme ont enregistré de fortes hausses en juin, coïncidant avec le lancement des matchs de la Coupe du Monde dans les villes canadiennes hôtes.

Les prix de l'hébergement pour les voyageurs ont augmenté de 10,1 % sur un an, contre une hausse de seulement 2,5 % en mai.

Les augmentations ont été plus marquées en Ontario et en Colombie-Britannique, notamment à Toronto et Vancouver, où les prix des hôtels ont augmenté avec la demande accrue des supporters et des visiteurs.

Les prix des circuits touristiques ont également augmenté de 6,8 %, et les tarifs aériens de 9,6 %, soit la plus forte hausse annuelle des billets d'avion depuis février 2023.

Les données attribuent la hausse des coûts aériens à une demande accrue pour les voyages intérieurs et à la hausse des prix du carburant pour avions.

Le dollar recule et les obligations montent

Le dollar canadien a reculé après la publication des données, le ralentissement de l'inflation renforçant les attentes du marché selon lesquelles la Banque du Canada n'aurait pas besoin de relever les taux d'intérêt à court terme.

Le dollar est tombé à environ 1,4045 contre le dollar américain, tandis que les prix des obligations gouvernementales à court terme ont augmenté et que le rendement des obligations à deux ans a diminué.

Ces mouvements reflètent la conviction des investisseurs que la banque centrale peut poursuivre sa politique d'attentisme, dans un contexte de baisse de l'inflation de base et de faibles pressions inflationnistes généralisées.

Cependant, ces données ne signifient pas nécessairement qu'une baisse des taux est imminente, car l'inflation globale reste supérieure à l'objectif de 2 %, tandis que les prix du pétrole, le conflit au Moyen-Orient et le commerce américain demeurent des sources majeures de risque.

La Banque du Canada devrait continuer à temporiser

La Banque du Canada a maintenu son taux d'intérêt directeur à 2,25 % pour la sixième fois consécutive lors de sa réunion du 15 juillet, affirmant que l'économie commence à montrer des signes d'amélioration, mais qu'elle fait toujours face à un degré élevé d'incertitude.

La banque prévoit que l'inflation moyenne atteindra environ 2,5 % au cours du second semestre 2026, avant de revenir à un niveau proche de l'objectif de 2 % début 2027.

Elle estime que la baisse des prix de l'essence, le ralentissement des coûts du logement et la faiblesse de la demande exerceront une pression à la baisse sur l'inflation, tandis que les prix des aliments et de l'énergie, la dépréciation du dollar canadien et la hausse des coûts d'importation agiront dans le sens inverse.

Le rapport de juin fournit aux décideurs monétaires une preuve que le choc des prix de l'énergie ne s'est pas encore largement propagé dans l'économie, réduisant ainsi le besoin de relever les taux de manière proactive.

Cependant, la banque continuera de surveiller les prix du pétrole, des aliments, du transport ainsi que les attentes des consommateurs et des entreprises, pour s'assurer que la hausse des coûts de l'énergie ne se transforme pas en une inflation plus enracinée.

Statistique Canada publiera les données d'inflation de juillet le 17 août, et la prochaine lecture sera cruciale pour déterminer si le ralentissement de juin marque le début d'une trajectoire durable vers l'objectif de 2 %, ou s'il s'agit simplement d'un recul temporaire lié à la baisse des prix de l'essence sur un mois.

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