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Les détails de l'accord du pont Gordie Howe révèlent un partage des bénéfices avec Washington pendant 15 ans
Le Canada utilisera sa part pour couvrir le coût du projet de 6,4 milliards de dollars, tandis que la part américaine sera dirigée vers un fonds de développement économique.
Publié: juillet 22, 2026
Le gouvernement canadien a révélé plus de détails concernant l'accord conclu avec les États-Unis pour permettre l'ouverture du pont international Gordie Howe, après des jours d'incertitude et de pressions politiques exigeant la divulgation des concessions faites par Ottawa à Washington.
Selon les nouvelles dispositions, les revenus nets générés par l'exploitation du pont seront partagés à parts égales entre les deux parties pendant les quinze premières années, après déduction des frais d'exploitation, d'entretien et des autres coûts liés à la gestion du passage.
Le Canada conservera la moitié des revenus nets, qui seront utilisés pour rembourser le coût qu'il a supporté pour financer le projet, s'élevant à environ 6,4 milliards de dollars canadiens.
L'autre moitié sera dirigée vers un fonds de développement économique soutenant des projets, des activités et des infrastructures du côté américain de la région de Detroit et du corridor entourant le pont.
Le partage des bénéfices commence avant le remboursement de la dette
Les nouveaux détails précisent que le partage des revenus nets avec la partie américaine commencera pendant les quinze premières années d'exploitation du pont, et non après que le Canada ait remboursé la totalité de la dette du projet.
Cela corrige l'impression née après des déclarations antérieures du Premier ministre Mark Carney, qui avait indiqué que le Canada ne partagerait pas les revenus des péages avant d'avoir récupéré son investissement intégralement.
L'accord ne concerne pas le partage du total des péages payés par les utilisateurs du pont, mais plutôt le partage du montant restant après déduction des frais d'exploitation et d'entretien. Le Canada utilisera sa part de ce montant pour réduire la dette liée à la construction du projet.
Ainsi, Ottawa ne recevra pendant les quinze premières années que la moitié des revenus nets disponibles pour rembourser le coût, tandis que l'autre moitié ira au fonds américain.
Que se passe-t-il après les 15 ans ?
Après la période de partage des bénéfices, les dispositions de l'accord original conclu en 2012 entre le Canada et l'État du Michigan seront rétablies.
Selon ces dispositions, les revenus des péages reviendront au Canada pour continuer à récupérer les coûts du projet jusqu'à ce que sa contribution soit entièrement remboursée.
L'accord original avait fait supporter au gouvernement canadien le coût total de la construction du pont, des terrains et des installations associées, y compris les infrastructures situées du côté américain, en échange du remboursement ultérieur de ces dépenses par les péages.
La valeur réelle que les États-Unis pourraient obtenir pendant les quinze années n'est pas encore connue, car elle dépendra du nombre de véhicules et de camions utilisant le pont, du niveau des péages et du montant des frais d'exploitation et d'entretien.
Rôle américain dans la modification des péages
L'accord comprend également un nouveau mécanisme de coopération entre l'Autorité du pont Windsor-Detroit et le gouvernement américain concernant la modification des péages.
L'autorité consultera Washington et cherchera à obtenir son approbation dans certains cas impliquant des changements non directement liés aux conditions du marché.
Ce point a suscité des questions sur la mesure dans laquelle le Canada conserve son autorité complète sur la tarification des péages, d'autant plus que la capacité à fixer des tarifs compétitifs est un facteur clé pour attirer le trafic de camions et de voitures des autres passages.
Cependant, le gouvernement affirme que les nouvelles procédures se concentrent sur la transparence et la coordination, sans modifier la propriété du pont ni l'accord de base signé avec l'État du Michigan.
Pressions pour la divulgation de l'accord
La révélation des détails est intervenue après des pressions croissantes du Parti conservateur, qui a demandé au gouvernement de publier l'accord complet et de clarifier les impacts financiers pour les contribuables canadiens.
Les conservateurs ont accusé le gouvernement de fournir des récits peu clairs sur le calendrier du partage des revenus et le remboursement de la dette du projet, demandant la tenue d'une réunion du Comité des opérations gouvernementales à la Chambre des communes pour examiner l'accord et convoquer des responsables gouvernementaux afin de répondre aux questions des députés.
Le chef des conservateurs, Pierre Poilievre, a également demandé un compte rendu complet des concessions faites à l'administration américaine, et si le Canada avait renoncé à une partie des revenus ou à des pouvoirs liés à la fixation des péages en échange de l'approbation de Washington pour l'ouverture du pont.
Il n'est pas encore clair si le gouvernement publiera le texte légal complet de l'accord ou se contentera des détails fournis concernant le partage des bénéfices et la gestion des péages.
Un accord suite à une menace américaine de bloquer l'ouverture
L'ouverture du pont était prévue en juin, mais la date a été reportée après que le président américain Donald Trump ait menacé de bloquer son exploitation, s'opposant aux arrangements financiers initiaux qui permettaient au Canada de percevoir des revenus pour récupérer le coût du projet.
Après des négociations entre les responsables des deux pays, Ottawa et Washington ont annoncé un accord permettant l'ouverture du pont à la circulation le 27 juillet 2026.
Trump a déclaré que le nouvel accord représente une meilleure affaire pour les États-Unis, tandis que le gouvernement canadien l'a défendu comme une solution pratique permettant l'exploitation d'un passage commercial vital après des années de construction et de retards.
Un projet stratégique pour le commerce entre les deux pays
Le pont international Gordie Howe relie la ville de Windsor en Ontario à la ville de Detroit dans le Michigan, et se compose de six voies pour voitures et camions, ainsi que d'installations frontalières modernes et d'une voie pour piétons et cyclistes.
Le pont mesure environ 2,5 kilomètres de long, tandis que sa portée principale au-dessus de la rivière Detroit atteint 853 mètres, ce qui en fait le plus long pont à haubans de ce type en Amérique du Nord.
Le projet vise à réduire la pression sur le pont Ambassador voisin, à améliorer le flux des marchandises et les chaînes d'approvisionnement des automobiles et autres industries à travers l'un des corridors commerciaux les plus importants entre le Canada et les États-Unis.
Malgré l'approche de son ouverture, le pont est passé d'un projet censé symboliser la coopération économique entre les deux pays à une question politique sensible, au milieu de l'escalade des différends commerciaux, des tarifs douaniers et des pressions américaines sur le gouvernement canadien.