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Louise Arbour : Il faut repenser le concept de réfugiés et ouvrir les portes du Canada à eux
Publié: août 22, 2023
La célèbre militante canadienne des droits de l’homme Louise Arbour a dénoncé les massacres ethniques qui se produisent à nouveau au Darfour, vingt ans après avoir documenté des crimes de guerre presque identiques lorsqu’elle était la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
Selon l’ancienne juge de la Cour suprême, les pays occidentaux, y compris le Canada, n’ont d’autre choix que d’accueillir davantage de réfugiés et de migrants.
Les combats qui ont éclaté au Soudan il y a quatre mois ont fait 4 000 morts, dont 500 enfants.
Selon l’UNICEF, un enfant soudanais est tué, blessé ou agressé chaque heure. La plupart des victimes se trouvent dans les zones du Darfour à l’ouest du Soudan, où vivent des groupes ethniques non arabes appelés Zourga, c’est-à-dire les Noirs, tandis que leurs agresseurs sont généralement des membres de groupes ethniques arabes bédouins à la peau claire.
Les Janjawid sont le nom donné aux milices arabes créées à l’époque par le président soudanais Omar el-Béchir pour combattre les séparatistes armés au Darfour. Les atrocités indescriptibles commises contre les civils ont attiré l’attention du monde.
Lors de sa deuxième visite, en 2005, Louise Arbour a rencontré des femmes portant leurs enfants loin de leurs corps, comme si elles portaient quelque chose de dérangeant, car ce sont des enfants dont les femmes ne citaient pas les noms parce qu’ils étaient des enfants des Janjawid, nés de viols collectifs.
La militante canadienne des droits de l’homme, qui a également été procureure des tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, a alerté la communauté internationale sur la gravité des crimes commis au Darfour, et en 2009, la Cour pénale internationale a finalement inculpé le président.
Cependant, l’ancien président, qui a perdu le pouvoir en 2019, n’a pas encore été jugé. Arbour a expliqué que de nombreux dirigeants africains ont mobilisé leurs efforts contre la Cour pénale internationale, rendant plus difficile la remise de Béchir à la Cour pénale internationale.