Arab Canada News – Nouvelles pour la communauté arabe au Canada
Nouvelles
Boyleffer nomme le député Dan Lloyd responsable de la campagne des conservateurs lors du référendum en Alberta
Le chef de l'opposition s'engage à défendre le maintien de la province au sein du Canada, estimant que la restauration de la confiance de ses habitants nécessite de traiter leurs griefs écono
Publié: juillet 19, 2026
Le chef du Parti conservateur et chef de l'opposition officielle, Pierre Poilievre, a nommé le député fédéral Dan Lloyd responsable de la conduite des mouvements du parti en Alberta avant le référendum prévu le 19 octobre sur l'avenir de la province au sein de la fédération canadienne.
Poilievre a déclaré, dans un message adressé à Lloyd, que sa mission sera centrée sur la présentation de la vision du parti pour établir « une Alberta plus forte au sein d’un Canada uni », et de travailler avec la direction des conservateurs et le caucus des députés provinciaux pour écouter la population et répondre à leurs préoccupations.
Cette nomination représente une tentative des conservateurs pour organiser leur campagne tôt face à la tendance séparatiste, en insistant sur le fait que le maintien de l'unité canadienne ne doit pas reposer sur la peur ou l'attaque des habitants de l'Alberta, mais sur la reconnaissance de leurs griefs et la mise en œuvre de changements politiques et économiques concrets.
Le vote ne porte pas directement sur la séparation
Les habitants de l'Alberta ne seront pas appelés en octobre à prendre une décision finale de quitter le Canada.
Les électeurs auront deux options : confirmer que l'Alberta reste une province canadienne, ou demander à leur gouvernement de lancer le processus légal et constitutionnel nécessaire pour organiser un référendum contraignant à l'avenir sur la séparation.
Par conséquent, voter pour la deuxième option ne conduira pas automatiquement à la sortie de l'Alberta de la fédération, mais ouvrira une nouvelle voie politique et juridique vers un autre référendum plus décisif.
La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, avait déclaré qu'elle soutenait le maintien de la province au sein du Canada, mais qu'elle estimait que la population devait avoir l'occasion d'exprimer sa position sur la relation avec le gouvernement fédéral.
Poilievre : Il ne faut pas ignorer les griefs des habitants de l'Alberta
Poilievre a affirmé que les préoccupations répandues dans la province sont légitimes et ne peuvent être traitées comme une simple colère passagère ou une hostilité envers le Canada.
Il a ajouté que beaucoup de jeunes en Alberta et dans d'autres régions du pays ont perdu confiance en leur capacité à posséder une maison, fonder une famille ou assurer une vie stable, face à la hausse des coûts du logement, de la nourriture et des besoins essentiels.
Il a souligné que les visites aux banques alimentaires en Alberta ont augmenté de 134 % depuis 2019, et que plus d'un quart de la population provinciale vit dans des foyers confrontés à divers degrés d'insécurité alimentaire.
Il a considéré que ceux qui ont perdu espoir dans le système fédéral ne sont pas des ennemis ou des adversaires, mais des voisins, des amis, des membres de la famille et des citoyens qu'il faut écouter et reconquérir leur confiance.
Il a déclaré que l'unité ne peut être maintenue par des menaces, de l'intimidation ou en qualifiant les partisans de la révision de la relation de l'Alberta avec le Canada de termes insultants.
Il a ajouté que ce qui est nécessaire, c'est la reconnaissance des erreurs, la correction de ce que les habitants de la province considèrent comme un déséquilibre dans la répartition des pouvoirs, des richesses et des opportunités économiques.
Attaque contre les politiques des gouvernements libéraux
Poilievre a tenu les gouvernements libéraux successifs responsables d'une grande partie de la tension politique en Alberta, les accusant d'avoir imposé des lois, des taxes et des restrictions qui ont nui au secteur de l'énergie, entravé la construction de pipelines et le développement des ressources naturelles.
Il a également accusé le gouvernement fédéral de prélever d'importantes sommes sur l'économie albertaine sans que la province, selon lui, ne reçoive une part équitable des dépenses et des services fédéraux.
Il a promis que les conservateurs travailleront à l'abrogation de ce qu'il appelle les lois anti-énergie, à faciliter l'exportation du pétrole et du gaz canadiens vers les marchés mondiaux, et à lever les obstacles à l'investissement, à la construction de logements et aux projets.
Cependant, ces accusations et promesses reflètent la position politique du Parti conservateur, tandis que les gouvernements libéraux affirment que leurs politiques visent à équilibrer le développement des ressources, la protection de l'environnement et le respect des engagements climatiques du Canada.
Désaccord sur les limites du pouvoir fédéral
Le message de Poilievre s'est également concentré sur la répartition des compétences entre le gouvernement fédéral et les provinces.
Il a déclaré qu'Ottawa a failli dans des dossiers relevant directement de ses responsabilités, comme les frontières, la défense, la criminalité, l'immigration et le commerce interprovincial, tout en intervenant de manière excessive dans des dossiers qu'il considère comme relevant de la compétence régionale, tels que les ressources, les routes, les hôpitaux, la réglementation des armes à feu et les décisions locales.
Il a ajouté que la fédération canadienne fonctionne mieux lorsque le gouvernement fédéral assume les tâches qu'il est seul à pouvoir exécuter, tandis que les provinces conservent leurs pouvoirs constitutionnels et que les citoyens et les entreprises sont libres de travailler et d'investir.
Il s'est engagé à respecter les compétences provinciales et la Constitution, à réduire les impôts, à accélérer la construction de logements et le développement des ressources, et à soutenir les agriculteurs, les travailleurs du secteur de l'énergie et les entrepreneurs.
Il a également répété la position des conservateurs en faveur des propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi, critiquant les restrictions fédérales imposées par les gouvernements libéraux sur certains types d'armes à feu.
« Ce qui est bon pour l'Alberta est bon pour le Canada »
Poilievre a refusé de présenter les revendications de l'Alberta comme un conflit dans lequel la province doit gagner aux dépens du reste du Canada.
Il a déclaré que la construction de davantage de pipelines et de logements, la réduction des impôts, le renforcement de la sécurité aux frontières et dans les rues, ainsi que l'octroi d'une plus grande liberté économique profiteront aux travailleurs et aux familles de toutes les provinces.
Il a ajouté que la solution ne réside pas dans l'éloignement des habitants de l'Alberta du reste des Canadiens, mais dans le soutien des Canadiens à la province et la reconnaissance de son rôle central dans l'économie, la sécurité et l'énergie.
Il a décrit l'Alberta comme une partie essentielle de l'avenir du pays, affirmant que ses habitants ne demandent pas de l'aide, mais du respect et la capacité de développer leurs ressources et de conserver une part équitable des fruits de leur travail.
Pourquoi avoir choisi Dan Lloyd ?
Dan Lloyd représente la circonscription de Parkland à la Chambre des communes, possède un passé militaire et une expérience dans les dossiers de la sécurité publique et de la sécurité nationale, et a été choisi par les députés conservateurs de l'Alberta comme président de leur caucus parlementaire.
Poilievre a déclaré que la connaissance de Lloyd de la province et de sa culture économique et politique, ainsi que son service antérieur dans les forces armées, le qualifient pour diriger la réponse du parti au référendum.
Lloyd sera chargé de coordonner avec les députés conservateurs et la direction centrale du parti, de tenir des rencontres avec la population, les entrepreneurs, les travailleurs du secteur de l'énergie et les communautés locales.
Il est également attendu qu'il mène le message du parti contre la séparation, en tentant de convaincre les électeurs que changer le gouvernement fédéral et ses politiques est une meilleure alternative que d'ouvrir une voie constitutionnelle qui pourrait aboutir à la désintégration du pays.
Un équilibre délicat pour les conservateurs
Le référendum place les conservateurs devant une équation politique délicate.
Le parti dépend largement du soutien électoral en Alberta, et de nombreux partisans partagent les critiques adressées au gouvernement fédéral, mais il rejette en même temps la séparation de la province du Canada.
C'est pourquoi Poilievre tente de distinguer la reconnaissance de la colère régionale du soutien à la séparation, présentant l'unité canadienne comme récupérable par un changement des politiques fédérales.
Le chef des conservateurs avait déjà annoncé que les députés de son parti participeraient à une campagne pour maintenir l'Alberta au sein du Canada, et qu'ils adopteraient la même position face à tout référendum séparatiste potentiel au Québec.
La nomination de Lloyd testera la capacité des conservateurs à s'adresser aux électeurs qui se sentent marginalisés sans donner un élan supplémentaire au mouvement séparatiste ni minimiser la gravité de la voie constitutionnelle.
Poilievre a conclu son message en affirmant que son parti se battra pour une Alberta plus forte au sein d’un Canada uni, et qu'il ne renoncera ni à la province ni à l'unité du pays.