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Le cinquième côté entre le silence et le murmure
Une zone cachée où nous écoutons ce qui n'est pas dit, et voyons ce qui n'est pas annoncé
Publié: août 12, 2025
Plus le monde se remplit de bruits, plus en nous s’élargit un vide qui ne ressemble ni au silence ni au vacarme. Quelque chose se forme au plus profond de nous, parfois nous ne pouvons pas le nommer, la langue peut nous trahir dans le choix des mots qui lui conviennent, mais il a un impact fort, il nous plonge dans un état de confusion comme si nous étions sur une tribune de confession pour la première fois. Lorsque les mots se perdent et que seules leurs résonances se font entendre, nous commençons à chercher une cinquième dimension invisible, inaudible, que personne ne traverse, que personne ne connaît sauf ceux qui se sont brisés sans que leurs voix soient entendues. C’est de cette cinquième dimension que commence notre voyage que nous parcourons pieds nus sur les braises de la conscience, un voyage sans routes pavées, ses chemins sont un vide rayonnant, qui ressemble plus à notre silence qu’au bavardage du monde.
Et alors que nous parcourons les distances effacées des cartes sonores vers cette cinquième dimension en nous, cachée entre le souffle du silence et l’expiration du murmure, naît en nous un sentiment faible que les mots n’osent décrire. Dans cet espace suspendu comme un fil fin entre le rêve et la réalité, nous écoutons un silence dont les mots ont été écrits sans encre. La cinquième dimension est celle que seuls comprennent ceux qui ont revêtu leur âme et l’ont fait traverser les tranchées du vacarme, abandonnant leur besoin de parler, où seul le frémissement de la pensée se fait entendre alors qu’elle est un fœtus dans le ventre de la confidence, où la douleur n’a pas encore été nommée, et l’encre est dans sa forme la plus pure, complète dans le silence. Dans la cinquième dimension, les sons traversent encore les chemins de l’arrivée, et les lettres attendent sur le seuil la permission d’entrer.
Dans la cinquième dimension, le temps passe sans aiguilles, et le soi se détache de son poids matériel pour devenir une lueur de significations, là où les questions n’attendent pas de réponses, tandis que les souvenirs se fondent avec la nostalgie que nous ne pouvons cacher, mais que nous laissons s’infiltrer par les fenêtres du cœur sans permission préalable.
Dans la cinquième dimension, l’absence se transforme en être vivant, qui s’assoit à côté de nous, et nous regarde avec étonnement comme s’il nous connaissait depuis longtemps. Dans cet espace caché, nous ne retenons pas la douleur, mais nous écoutons le bruit de ses pas alors qu’il traverse pieds nus les dédales de nos profondeurs. Là, tout ce que nous craignons sort de sa cachette, non pas pour nous blesser, mais pour nous offrir une nouvelle chance de nous voir comme jamais auparavant.
La cinquième dimension n’est ni une patrie ni un exil, mais un point de rupture mijoté à feu doux et mûri en nous tranquillement. La cinquième dimension est l’étendue vers laquelle nous nous tournons lorsque nos sens sont fatigués, et notre esprit bâille, là où les choses prononcent leurs noms originels, revêtent leur première forme, pures, claires, intuitives, naturelles sans masques.
La cinquième dimension est celle que traverse celui qui n’est plus le même, il en sort portant sa voix entre ses côtes, non sur sa langue. La cinquième dimension n’écrit pas ses mots à l’encre, mais dans le silence, ses sentiments aussi sont silencieux ; dans l’amour et le bonheur, elle respecte le silence car elle n’a pas besoin de devenir une tendance ou une publicité payante, et quand elle est triste, elle ne pratique ni la dénonciation ni le lament, mais elle respecte la patience et le silence. Là seulement, nous comprenons que ce qu’il y a de plus dur dans la vie ne peut être dit, et ce qu’il y a de plus beau en nous se voit davantage dans les actes que dans les paroles.
La cinquième dimension se trouve entre le silence et le murmure, où nous sommes nous-mêmes sans avoir besoin de dire : nous voilà. La cinquième dimension n’est pas une fin, mais un commencement non annoncé. Lorsque nous en sortons, nous ne faisons signe à personne, et nous ne cherchons pas d’applaudissements. Nous nous contentons d’entendre notre propre voix non pas par son son, mais par son murmure et son frisson. Nous n’avons pas besoin de comprendre tout ce qui se passe dans le vacarme du monde, nous n’avons pas besoin de parler. Nous continuerons à marcher avec satisfaction, portant en nous une dimension sans carte. Nous sourions chaque fois que le monde autour de nous se tait quelques secondes, mais le monde ne se tait jamais ; car il ne maîtrise pas le silence ni ne le reconnaît, mais nous savons parfaitement que le vrai silence n’est pas une absence, mais le véritable retour à l’étreinte de la cinquième dimension.
Dr. Balqis Al-Kibsi
Journaliste | Écrivaine | Poétesse | Romancière | Créatrice de contenu littéraire
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