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Entre calme et anxiété : Gaza au bord de la transformation et le difficile travail de la paix
Du cessez-le-feu à l'épreuve de la volonté internationale
Publié: octobre 15, 2025
Le calme à Gaza, tel que formulé dans le plan de fin septembre 2025, semble être plus qu’un simple accord de cessez-le-feu ou une trêve temporaire entre deux guerres. C’est une tentative de réorganiser le paysage politique et humanitaire dans une région épuisée par les guerres et où la confiance entre toutes les parties s’est érodée. Le plan est arrivé à un moment charnière où l’administration américaine a réalisé que poursuivre la guerre n’était plus politiquement ni moralement faisable, et que le coût de la violence et de la haine grandissante était devenu plus lourd que tout gain éphémère. Ce changement dans la position américaine, menée par l’administration du Président Donald Trump, a été motivé non seulement par des raisons humanitaires mais aussi par une lecture réaliste des caractéristiques d’un monde en rapide évolution et d’une nouvelle équation régionale qui redessine les relations et les intérêts à l’intérieur et au-delà du Moyen-Orient.
Il est également clair que Washington ne considère plus Gaza simplement comme un champ de bataille mais comme une clé pour une stabilité plus large qui assure un retrait organisé des fardeaux de la région sans une perte complète de son influence. Par conséquent, le plan américain de calme était fondamentalement différent de ses prédécesseurs, car il a ouvert la porte à une consultation multilatérale incluant l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et le Pakistan, dans une scène reflétant le déclin du monopole américain sur le dossier palestinien et le début d’une diplomatie plus partagée et flexible.
Parallèlement, la position canadienne a émergé comme une voix occidentale distincte, exprimant clairement la nécessité de passer de la gestion du conflit à la reconnaissance des droits, affirmant que l’établissement d’un État palestinien indépendant est une condition pour atteindre la sécurité et la stabilité, et non une menace pour celles-ci. Avec la reconnaissance internationale croissante de la Palestine, il semblait que la conscience collective occidentale sortait lentement du cercle du biais aveugle pour entrer dans un espace plus large de compréhension mutuelle de la responsabilité de la justice dans la réalisation de la paix. Ce changement, bien que encore limité jusqu’à présent, marque une évolution dans la profondeur morale des positions de certains pays qui ont compris que la justice n’est pas un fardeau pour la politique mais une condition pour sa survie.
Cependant, le chemin vers une paix durable reste semé d’obstacles, car entre les textes écrits et les promesses verbales se dresse une réalité fragile et complexe, chargée de suspicion et de manque de confiance. Le véritable défi ne réside pas dans la déclaration des intentions mais dans la capacité à les transformer en engagements concrets. Le terrain à Gaza est si fragile que la moindre brèche suffit à raviver la violence, et l’environnement humanitaire y est au bord de l’effondrement total, où la souffrance humaine croise les calculs politiques dans un cercle fermé.
Au niveau politique, la division interne palestinienne reste l’un des obstacles les plus dangereux à tout règlement. Le conflit entre le Fatah et le Hamas divise toujours la géographie et la prise de décision, donnant aux forces extérieures un prétexte constant pour reporter ou saper les solutions. Un État ne peut être construit sur une terre divisée ni la confiance restaurée parmi un peuple dont les factions contestent la légitimité de la représentation. Sans une véritable réconciliation nationale qui restaure l’unité de décision palestinienne, tout accord restera fragile, toute discussion sur la souveraineté incomplète, et la paix elle-même ne sera qu’une trêve différée.
Au niveau humanitaire et économique, le défi n’est pas moins sérieux. Reconstruire Gaza n’est pas une tâche d’ingénierie mesurée par le nombre de bâtiments à construire mais un projet de renaissance humaine qui restaure la capacité des gens à rêver et leur donne confiance que la paix peut engendrer une vie meilleure. Un peuple vivant au milieu des décombres et de la faim ne peut croire aux promesses ni défendre une paix dont il ne ressent pas l’impact dans sa réalité.
D’où émerge la responsabilité des parties parrainant l’initiative, de Washington aux capitales arabes et islamiques. La paix ne se fait pas par les seules conférences mais par la gestion des différends avant qu’ils ne se transforment en crises et par la création d’un véritable mécanisme de suivi qui assure l’engagement et dissuade les violations. Ces parties doivent agir dans un cadre de coordination unifié, loin des calculs d’influence et de concurrence. Les États-Unis doivent aussi comprendre que leur rôle n’est plus celui d’un gardien mais d’un partenaire au sein d’un nouveau système impliquant les puissances régionales, tandis que les pays arabes portent la responsabilité de traduire leur soutien politique en mesures concrètes sur le terrain, que ce soit par le lancement de projets de reconstruction, le soutien à une réconciliation palestinienne globale ou la protection de la trêve contre l’effondrement.
Les capitales occidentales, avec le Canada et d’autres pays occidentaux, ont compris que la poursuite de la guerre à Gaza n’est pas seulement une menace pour les Palestiniens mais un danger direct pour la stabilité et l’économie mondiales. Chaque nouvelle vague de violence perturbe les marchés de l’énergie, affaiblit la confiance dans l’économie internationale et rappelle à tous que la stabilité au Moyen-Orient fait partie de la stabilité du système économique mondial. Par conséquent, reconnaître l’État palestinien n’est plus un luxe de choix ou une courtoisie diplomatique mais une nécessité urgente pour protéger des intérêts mondiaux plus larges, car la sécurité ne peut être séparée de la justice, ni l’économie de la politique, ni le développement de la dignité humaine.
Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza est un test de la volonté de la communauté internationale et de sa capacité à transformer ce calme d’une trêve temporaire en le début d’un chemin politique réaliste et global. Soit ce moment est investi pour corriger le cours de l’histoire, soit il sera perdu comme tant d’opportunités perdues auparavant. La paix ne se construit pas sur de bonnes intentions seules mais sur une action sincère, une volonté partagée et la capacité de voir l’avenir avec des yeux qui transcendent les blessures.
Peut-être que Gaza aujourd’hui, malgré sa destruction, est le début d’une nouvelle phase dans la conscience de la région et du monde, car il n’est plus possible d’ignorer que la justice est la seule voie vers la sécurité et que les peuples ne sont pas vaincus lorsqu’ils possèdent leurs droits, même si leurs maisons sont détruites. Si les efforts réussissent à transformer le calme en un chemin juste et durable, Gaza sera une porte vers une paix différente, une paix non dictée de l’extérieur mais écrite par une volonté collective issue de la conviction que la dignité est le fondement de la stabilité et que l’être humain est le but premier de toute politique noble.