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Le recul du marché du logement pèse sur les dépenses des ménages canadiens malgré des gains records en actions
La baisse des prix des maisons affaiblit l'effet de richesse pour la majorité des ménages et limite la consommation au milieu de la hausse des coûts des prêts hypothécaires et de l'énergie.
Publié: mai 30, 2026
Ottawa —
La pression continue sur le marché immobilier canadien pèse sur les dépenses des ménages et la confiance des consommateurs, malgré la performance solide du marché boursier local qui a ajouté des centaines de milliards de dollars à la richesse financière des ménages les plus investis sur les marchés.
Les données montrent que le Canada a été la seule économie avancée du groupe des sept à enregistrer une baisse nominale des prix des maisons l'année dernière, alors que de nombreux ménages renouvellent leurs hypothèques à des taux d'intérêt beaucoup plus élevés que ceux de la période pandémique.
Les prix des maisons ont chuté d'environ 20 % depuis le pic du marché en février 2022, ce qui a créé un effet négatif sur la richesse d'une large tranche des Canadiens, d'autant plus que la propriété immobilière reste la principale source de richesse pour la plupart des ménages.
Les analystes affirment que la baisse de la valeur des biens immobiliers n'affecte pas seulement le sentiment de richesse ou de sécurité financière des ménages, mais limite également leur capacité à emprunter contre la valeur de leur maison via des lignes de crédit hypothécaires, un outil utilisé par de nombreux Canadiens pour financer des rénovations, acheter des voitures et couvrir des dépenses importantes.
La faiblesse du marché immobilier a coïncidé avec un ralentissement de la croissance de l'immigration, ce qui a réduit la demande de logements, en plus de nouvelles pressions liées à la hausse des prix du pétrole et aux coûts d'emprunt sur le marché obligataire, ce qui s'est reflété dans les taux hypothécaires.
L'Association canadienne de l'immeuble a également abaissé ses prévisions pour le marché en 2026 et 2027, dans un contexte de faibles ventes et de prudence persistante des acheteurs et des promoteurs.
Les estimations économiques indiquent que le recul de la consommation résultant de la correction du marché immobilier pourrait dépasser 5 000 dollars canadiens par ménage en moyenne, avec une pression accrue sur les propriétaires d'hypothèques et un risque croissant de défaut de paiement.
Bien que les données récentes sur les ventes au détail aient montré une certaine résilience, des experts doutent de la poursuite de cet élan en raison de la faiblesse de la confiance des consommateurs, de la hausse des prix de l'essence et des pressions continues sur les budgets des ménages.
En revanche, le marché boursier canadien a continué d'afficher une performance solide, l'indice principal de la Bourse de Toronto ayant augmenté d'environ 7 % depuis le début de l'année, après avoir réalisé d'importants gains en 2025, ce qui a augmenté la valeur des actifs financiers des ménages.
Cependant, l'impact de ces gains reste limité sur l'économie au sens large, car la propriété des actions est concentrée chez une tranche plus petite et plus riche de la population, tandis qu'environ deux tiers des ménages canadiens possèdent leur maison, dont beaucoup sont encore liés à des prêts hypothécaires.
Les données indiquent que les 20 % des Canadiens les plus riches détiennent environ 70 % des actifs financiers, ce qui signifie que les gains boursiers ne compensent pas dans la même mesure les pertes ou les pressions ressenties par les propriétaires et la classe moyenne.
Les économistes estiment que cette disparité explique la prudence persistante dans les dépenses, malgré la vigueur des marchés financiers, car la plupart des Canadiens ne ressentent pas directement l'effet des gains boursiers comme ils ressentent la baisse de la valeur de leur maison ou la hausse des paiements hypothécaires, du carburant et de la nourriture.
La consommation devrait rester une contribution plus faible à la croissance économique en 2026, les ménages continuant d'épargner ou de réduire leurs dépenses en prévision de nouvelles pressions financières.
Cette équation place l'économie canadienne devant un défi clair : un marché boursier fort qui soutient la richesse de la minorité investie, contre un marché immobilier faible qui pèse sur la majorité des ménages et limite la capacité de l'économie à réaliser une croissance plus large et plus équilibrée.