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Le Canada soulève la question des droits de l'homme lors de la visite de Carney en Arabie saoudite dans le cadre des efforts visant à renforcer le partenariat économique
Une visite historique, la première d'un Premier ministre canadien au Royaume depuis 26 ans, combinant les questions d'investissement, de commerce, de défense et la sensibilité des dossiers de
Publié: juillet 9, 2026
Le Canada cherche à reconstruire sa relation avec l'Arabie saoudite sur des bases plus réalistes et pragmatiques, avec la visite du Premier ministre Mark Carney à Riyad, une étape diplomatique et économique remarquable, la première du genre pour un chef de gouvernement canadien au Royaume depuis plus d'un quart de siècle.
La visite intervient à un moment où Ottawa travaille à diversifier ses partenariats commerciaux et d'investissement au-delà de sa forte dépendance traditionnelle aux États-Unis, notamment dans le contexte des tensions commerciales mondiales et de la nécessité d'ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises et investissements canadiens.
Malgré le caractère clairement économique de la visite, le Canada a confirmé avoir soulevé des préoccupations liées aux droits de l'homme lors des échanges avec la partie saoudienne, dans une tentative de maintenir un équilibre délicat entre les intérêts stratégiques et économiques d'une part, et les engagements déclarés de la politique étrangère canadienne en matière de libertés et de droits d'autre part.
Mark Carney doit rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, où les dossiers de l'investissement, de l'énergie, des minéraux stratégiques, de la défense, de l'intelligence artificielle et des infrastructures dominent l'agenda des discussions, en plus de la participation canadienne à un forum d'investissement visant à élargir la coopération entre les secteurs public et privé dans les deux pays.
Ottawa considère l'Arabie saoudite comme un partenaire économique important dans la région du Golfe, notamment avec les transformations que connaît le Royaume dans le cadre de ses plans de diversification économique et de réduction de la dépendance au pétrole, ainsi que l'ouverture aux investissements étrangers dans les secteurs de l'exploitation minière, de la technologie, de l'énergie propre, du tourisme et des infrastructures.
Cependant, la visite de Carney ne peut être dissociée d'un passé complexe dans les relations entre les deux pays. Les relations canado-saoudiennes ont connu une crise aiguë en 2018, après des critiques publiques canadiennes sur le bilan des droits de l'homme au Royaume et des appels à la libération d'activistes des droits des femmes, ce qui avait alors conduit à l'expulsion de l'ambassadeur canadien, au gel de certaines transactions commerciales et d'investissement, ainsi qu'au retrait de milliers d'étudiants saoudiens du Canada.
Malgré la restauration ultérieure des relations diplomatiques complètes entre les deux pays, le dossier des droits de l'homme est resté une partie sensible de tout rapprochement nouveau, surtout dans le contexte des critiques internationales adressées à l'Arabie saoudite ces dernières années, notamment sur les questions de liberté d'expression, de droits civils et du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.
Le gouvernement Carney tente aujourd'hui de formuler une approche différente basée sur un dialogue direct plutôt que sur une confrontation publique, tout en maintenant la présentation des questions relatives aux droits dans les canaux diplomatiques, sans permettre à ces questions de perturber le cours du partenariat économique et sécuritaire.
Cette orientation reflète une transformation plus large de la politique étrangère canadienne, où le gouvernement se concentre désormais sur la construction d'un réseau plus large de relations internationales dans un monde plus instable, en tentant de concilier les intérêts nationaux et les valeurs politiques déclarées.
Ottawa comprend que renforcer la relation avec Riyad pourrait ouvrir de larges opportunités aux entreprises canadiennes dans les domaines de l'exploitation minière, de l'énergie, de l'agriculture, de l'intelligence artificielle et des industries de défense, mais cela pourrait aussi susciter des critiques internes de la part de groupes de défense des droits et d'acteurs politiques qui estiment que les intérêts économiques ne devraient pas l'emporter sur les questions de libertés et de droits.
Dans ce contexte, la visite de Carney semble être un test de la nature de la politique étrangère canadienne dans la prochaine phase : le Canada peut-il étendre ses intérêts économiques avec des puissances régionales influentes, sans renoncer à son discours traditionnel sur les droits de l'homme ?
Si la visite réussit à lancer une nouvelle voie de coopération économique, elle pourrait représenter un tournant dans les relations entre le Canada et l'Arabie saoudite, non seulement en raison de l'ampleur des opportunités d'investissement, mais aussi parce qu'elle pourrait établir un nouveau modèle de relations basé sur la gestion calme des différends, l'élargissement des intérêts communs, et le maintien des dossiers sensibles ouverts dans des canaux diplomatiques moins conflictuels et plus durables.