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La hausse des ventes au détail au Canada est due aux prix du carburant, pas à une augmentation de la consommation
L'énergie élevée renforce les revenus en espèces tout en révélant la faiblesse de la demande réelle des ménages canadiens.
Publié: mai 22, 2026
Ottawa —
Les ventes au détail au Canada ont augmenté en avril, principalement en raison de la hausse des prix du carburant et de l'énergie, à un moment où le coût de la vie croissant exerce une pression plus nette sur les dépenses des ménages et la demande réelle des consommateurs.
Les estimations préliminaires ont montré une augmentation des ventes au détail de 0,6 % en avril, après une hausse de 0,9 % en mars, poursuivant ainsi la croissance pour le septième trimestre consécutif.
Les ventes au détail ont également augmenté de 2,1 % au premier trimestre par rapport au dernier trimestre de 2025, reflétant la poursuite de l'activité économique en termes de valeur monétaire des ventes.
Cependant, une lecture plus approfondie des chiffres révèle que la majeure partie de cette croissance n'était pas due à une augmentation réelle de la consommation, mais à la hausse des prix, en particulier dans le secteur du carburant et de l'énergie.
En mars, les ventes des stations-service et des fournisseurs d'énergie ont bondi de 12,4 %, tandis que les quantités réellement vendues ont diminué de 1,9 %, ce qui signifie que les consommateurs ont payé des montants plus élevés pour une consommation moindre.
En excluant les ventes de carburant, les ventes au détail ont reculé de 0,2 %, indiquant un ralentissement des dépenses dans plusieurs secteurs.
Les données ont également montré une baisse des ventes des concessionnaires automobiles et des pièces détachées de 0,5 %, tandis que les ventes au détail de base — excluant le carburant et les automobiles — ont diminué de 0,1 %.
Les baisses comprenaient une diminution des ventes de matériaux de construction et d'articles de jardinage de 2,9 %, ainsi qu'une baisse des ventes des magasins de biens généraux de 0,5 % pour la première fois en trois mois.
En revanche, le secteur de l'alimentation et des boissons a continué d'afficher une performance positive, avec une augmentation des ventes de 0,5 % soutenue par les épiceries et les supermarchés, les ménages continuant de privilégier les dépenses liées aux besoins essentiels.
En termes de quantités réelles, les ventes au détail ont diminué de 0,7 % en mars, un indicateur que les économistes considèrent comme plus précis pour mesurer la vigueur de la demande réelle, car il exclut l'effet de l'inflation et de la hausse des prix.
Ces chiffres reflètent une réalité économique plus complexe au Canada, où les revenus monétaires semblent plus élevés, tandis que le pouvoir d'achat réel des ménages diminue sous la pression des coûts du carburant, du transport, de l'alimentation et des taux d'intérêt élevés.
Sur les marchés financiers, les rendements des obligations gouvernementales canadiennes ont diminué, tout comme le dollar canadien par rapport au dollar américain, dans un contexte d'attentes selon lesquelles la Banque du Canada continuera de temporiser avant de modifier les taux d'intérêt.
Les analystes estiment que les données actuelles donnent à la banque centrale une raison supplémentaire de faire preuve de prudence, car elle fait face à une équation difficile entre une économie montrant des signes de ralentissement de la demande réelle et des pressions inflationnistes toujours alimentées par les prix de l'énergie et du carburant.
Neuf provinces canadiennes ont enregistré une hausse des ventes au détail en mars, l'Ontario ayant apporté la plus grande contribution à la croissance, principalement grâce à la hausse des ventes de carburant et d'énergie.