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Rapport américain : l'Iran a transféré des avions militaires au Pakistan et des avions civils en Afghanistan par crainte de frappes
Washington suit des mouvements aériens iraniens secrets au milieu de la fragilité du cessez-le-feu et du refus de Trump de la proposition de Téhéran pour mettre fin à la guerre
Publié: mai 18, 2026
Washington —
Des rapports américains, citant des responsables au fait des dossiers de sécurité nationale, ont révélé que l’Iran a transféré des avions militaires vers des bases aériennes au Pakistan, dans une démarche supposée viser à protéger une partie de ses actifs aériens contre d’éventuelles frappes américaines.
Selon ces responsables, plusieurs avions iraniens ont été déplacés quelques jours après l’annonce du cessez-le-feu début avril, dont un avion de reconnaissance de type RC-130, une version de renseignement de l’avion de transport militaire C-130.
Les rapports indiquent que les avions ont atterri à la base aérienne de Noor Khan près de Rawalpindi, une base militaire pakistanaise située dans une zone sensible près de la capitale Islamabad, alors que le Pakistan se présentait publiquement comme médiateur entre Washington et Téhéran.
Un haut responsable pakistanais a nié ces accusations, affirmant que la base se trouve dans une zone urbaine ouverte, et que cacher un grand nombre d’avions y serait irréaliste.
Parallèlement, des responsables américains ont déclaré que l’Iran avait également transféré certains avions civils vers l’Afghanistan. Un responsable afghan du secteur de l’aviation a rapporté qu’un avion de la compagnie « Mahan Air » est arrivé à Kaboul avant le déclenchement de la guerre, puis a été déplacé plus tard à Hérat près de la frontière iranienne après une montée des tensions.
Cependant, le porte-parole des talibans a nié la présence d’avions iraniens en Afghanistan, affirmant que Téhéran n’a pas besoin de prendre de telles mesures.
Ces informations interviennent alors que le Pakistan tente de maintenir un équilibre délicat entre son rôle de médiateur dans les communications indirectes entre l’Iran et les États-Unis, et ses relations sécuritaires et économiques étroites avec la Chine, principal soutien international de Téhéran.
Washington regarde ce rôle avec prudence, surtout dans le contexte de la dépendance croissante du Pakistan à la Chine sur le plan militaire ces dernières années, ce qui fait de la crise iranienne une partie d’un paysage régional et international plus large où s’entrecroisent les influences américaine et chinoise.
En revanche, les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées après que le président américain Donald Trump a rejeté la dernière proposition iranienne pour mettre fin à la guerre, qui comprenait, selon des rapports iraniens, des demandes de réparations de guerre, la reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz, et la levée des sanctions économiques.
Trump a qualifié la proposition d’« absolument inacceptable », sans préciser les points qui ont poussé Washington à la rejeter, ce qui a accru la fragilité du cessez-le-feu qui reste théoriquement en vigueur malgré des affrontements limités dans le Golfe.
Ces développements coïncident avec la préparation de Trump à une visite à Pékin, où le dossier iranien devrait être fortement présent dans ses discussions avec le président chinois Xi Jinping, aux côtés des dossiers du commerce et de Taïwan.
Sur le terrain, les signes d’escalade près du détroit d’Ormuz ont continué, après des attaques visant des navires américains et commerciaux, ainsi que des frappes américaines ciblant des sites et ports iraniens sur la côte, en plus des accusations émiraties d’attaques sur leur territoire par des drones iraniens.
Les mouvements des avions iraniens, s’ils sont confirmés, reflètent la tentative de Téhéran de protéger ce qui reste de ses capacités aériennes face à la pression militaire persistante, tandis que Washington continue de garder ses options ouvertes entre négociation et escalade.